On dirait qu’on serait…

Parfum d’enfance… loin des plages ensoleillées et des eaux poétiques de la méditerranée, proche des grandes plaines du Nord drapées d’un ciel immense aux nuages malicieux, je parcours en compagnie de mon appareil photo les strates nostalgiques des souvenirs d’enfance où l’imagination était une bonne fée qui nous faisait accéder à des contrées extraordinaires.

J’essaie, avec ma fille comme modèle, de retrouver ces instants d’émotion qui m’habitaient lorsque, enfant, je me laissais emporter en compagnie de mes amies, vers les rives de nos fantaisies inépuisables. Particulièrement ce jeu formidable où l’une d’entre nous prononçait cette formule magique nous transportant immédiatement vers un univers enchanté:
« On dirait que… »
On dirait qu’on pourrait soulever d’énormes ballots de paille et les envoyer rouler loin très loin
On dirait qu’on pourrait manger les nuages, sauter par-dessus les précipices, creuser un trou jusqu’en Chine ou bien voler vers l’ Afrique sur le dos d’une girafe.
On dirait qu’on serait invisibles, on pourrait faire les quatre cent coups en toute impunité!

Cette série de photos en noir et blanc propose de revisiter les plages insouciantes de l’enfance avec le parti pris d’une simplicité minimaliste, des compositions graphiques, parfois géométriques… Une simplicité que je rattache à la beauté de l’imagination des enfants qui s’amusent du monde et s’inventent d’incroyables scénarios à partir de rien. Une serie tout en douceur, à travers le regard que je porte sur ma fille, avec la sensibilité parfois enfantine qui m’habite. Un peu dans la lune, à l’image de mon pseudo “AuClairDe » issu de la comptine berçant nos sommeils apaisés, l’œil rivé à mon appareil photo, à la fois capteur d’instants précieux et source de rêveries infinies.